mardi 16 décembre 2008

Forêts ... et papier


En janvier 2006, l’industrie papetière a acheté des pages entières de publicité dans la plupart des quotidiens nationaux pour expliquer que la consommation de papier était bénéfique pour la forêt. "En lisant ce journal, vous préservez la forêt !", "Rassurez-vous, lorsque vous utilisez du papier, vous ne participez pas à la déforestation !"
En effet, le papier serait issu exclusivement de bois d’éclaircies des forêts françaises et de déchets de scieries. Or, ce faisant, ces publicités contreviennent à plusieurs articles des recommandations écologiques du BVP :
- La publicité n'informe pas sur "le bilan véritable du produit en matière d'environnement"
- La publicité trompe "directement le consommateur sur la réalité des avantages ou propriété écologiques" du produit
- La publicité donne "une garantie totale d'innocuité dans le domaine de l'environnement", alors que "les qualités écologiques du produit ne concernent qu'un seul stade de la vie du produit ou qu'une seule de ses propriétés"
En effet, encourager la surconsommation de papier menace les forêts. Voici les arguments des Amis de la Terre, qui ont analysé les propres chiffres de la Confédération française de l’industrie des Papiers, Cartons et Celluloses (COPACEL), à l’origine de cette campagne.
- Plus de la moitié du papier consommé par les Français est importé
- Ces publicités oublient de dire que le bois est une ressource renouvelable mais limitée.
L'industrie papetière doit s’adapter, non pas en augmentant les importations de pâte à papier issue de la destruction scandaleuse des forêts tropicales ou boréales mais en encourageant la diminution de la consommation de papier et en favorisant la consommation de papier 100% recyclé plus économe en eau et en énergie, d’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

"Pour vous, notre énergie est inépuisable"


Cette campagne dans son ensemble va à l'encontre de l'article 2-1 de la recommandation écologique du BVP « La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement les consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l'annonceur conduit en faveur de l'environnement » .
Le slogan générique de cette campagne, déclinée en plusieurs visuels,« Pour vous, notre énergie est inépuisable », laisse entendre que l’énergie est inépuisable (malgré le jeu de mot), alors que « leur » énergie (celle que commercialise Total) est essentiellement composée de ressources fossiles. Or, les ressources fossiles ne sont justement pas inépuisables. Total l'indique bien dans son site : « les réserves prouvées et probables représentent une durée de vie de près de 22 ans ». L'activité de Total dans le développement d'énergies renouvelables est en fait très faible comparée à son activité pétrolière et gazière. Par exemple, les carburants issus de la biomasse ne représentaient en 2005 pour Total que 1,2 % de son offre de carburant en France.

Concernant l'énergie éolienne, Total veut nous faire croire que son activité en ce domaine est importante. Or, l'entreprise n'a mis en service en France, en tout, que cinq éoliennes, en 2003 sur le site de la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque.Ce visuel nous trompe sur la réalité des actions que l'annonceur conduit en faveur de l'environnement et du développement durable.Il contrevient donc à l'article 2-1 de la recommandation écologique et à l'article 1-1.1 de la recommandation développement durable.

« L’homme a toujours rêvé d’apprivoiser la Nature »


Les 4*4 sont, en moyenne, les véhicules particuliers mis sur le marché qui émettent le plus de CO2 : 223 g de CO2/km (les berlines : 141 g de CO2) - Chiffre Ademe 2005. La Jeep Grand Cherokee rejette 255 g de CO2/km (de plus, elle est équipée de la climatisation qui n’est pas intégrée dans le calcul).
1. Jeep Grand Cherokee - Le message est un grand classique : « L’homme a toujours rêvé d’apprivoiser la Nature ». En effet, les vendeurs de 4x4 représentent systématiquement leur véhicule dans la nature et son conducteur comme un aventurier ou sportif très proche d’une Nature sauvage qu'il est possible de maîtriser, d'humaniser voire d'asservir. Même le nom du véhicule donne une touche "sauvage" au produit.
Or, non seulement l’homme ne maîtrisera rien s’il ne réduit pas significativement ses émissions de GES (occurrence d’événements météorologiques extrêmes type canicule, cyclones, inondations, etc.) mais en plus, il risque de détruire l’environnement et faire disparaître de nombreuses espèces (dont peut être l’ours). Une étude parue dans la revue Nature affirme que le changement climatique pourrait provoquer la disparition de plus d’un million d’espèces d’ici 2050. Entre 15 et 37 % des espèces terrestres seraient ainsi menacées d’extinction.
En représentant le véhicule en présence d'un élément de la nature (ici l'ours, mais aussi la mer ou une forêt),cette publicité ainsi que les deux suivantes ne respectent pas l'article 2-12 des recommandations écologiques